Rendez-vous
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Mardi 15 septembre 2026
Musée d'Histoire de Marseille
Port Antique rue Henri Barbusse 13001 Marseille
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CHALEUR URBAINE
"La quête que je poursuis est celle d'un rapport juste et épanouissant avec le monde, la Terre, le cosmos. Elle est celle d'une manière d'habiter celui-ci qui soit féconde." Felwine Sarr
Bitume brûlant : On a chaud en ville !
2024 fut l’année la plus chaude jamais enregistrée. Les étés deviennent de plus en plus difficiles à vivre, et ce, malgré les essors technologiques supposés rendre les canicules plus supportables. Depuis les années 50, la présence des climatisations modernes marque le paysage urbain de façon paradoxale : elles refroidissent l’intérieur tout en rejetant de l’air chaud à l’extérieur et augmentent ainsi la température des villes. En ville, les matériaux qui la composent emprisonnent la chaleur, et la relâchent la nuit, impactant notre capacité à nous reposer. Alors que 70% de la population mondiale vit désormais en ville - chiffre qui ne cesse d’augmenter via l’exode rural - nos villes doivent s’adapter et protéger ses habitants de la montée des températures.
Les villes méditerranéennes : entre terre et mer, fantasmes et réalités
Territoires de l’imaginaire estival idéal. Hub du tourisme mondial. Vivre dans une ville méditerranéenne sous canicule nécessite de se réajuster sans cesse. Face à la chaleur, l’urbanisme méditerranéen s’est construit sur des principes de protection : jardins intérieurs, patio, moucharabiehs, fontaines, grands tissus d’ombrages, portico, habitats construits en pierre et en adobe… Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? De l'échelle de la peau à l'échelle des territoires, les symptômes sont identiques. Sensation de dessèchement, perte de l'équilibre, radiation d'une chaleur peu supportable, l'odeur de brûlé parcourt les photos. On fait appel au vent et à l'eau, pour se protéger d'une terre trop aride et d'un feu trop brûlant, parfois même destructeur. Le soleil est aveuglant, la ville se vide, se ride et devient grise. On cherche refuge dans la nuit pour s'y cacher et se reposer.
Une exposition fruit de La participation des habitants au projet Cool Noons
Le projet Cool Noons cherche à adapter nos villes aux canicules. Cette exposition fait suite au concours photo qui a eu lieu durant l’été 2025, dans les 5 villes euro-méditerranéennes du projet : Lisbonne, Marseille, Imola, Dubrovnik et Budva. Loin d’une approche purement technique ou distante, il s’agit de poétiser les formes de résistance : documenter les corps qui s’adaptent, les gestes qui apaisent, les refuges improvisés, et la créativité du quotidien sous le soleil brûlant – une manière de lire la ville à hauteur d’expérience. S'éloignant des habituelles cartes postales romantisant nos territoires méditerranéens balnéaires et leurs habitants, l’exposition donne à voir ici une multiplicité de regards qui s'accrochent à des scènes du quotidien, des détails qui interpellent et des souvenirs à garder. Dans un monde où catastrophes écologiques et mouvements pour y répondre se multiplient et s'intensifient, il y a un appel à agir et à se soutenir : résistances et dialogues. Dialogues entre espèces, dialogues entre espaces.