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Trois autres navires arrivent à Marseille...

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À la fin du mois de mai, quelques jours seulement après l’arrivée du Grand Saint Antoine, trois autres navires venant de méditerranée orientale arrivent à Marseille. Tous viennent avec une patente brute. Mais malgré ces soupçons de peste, est appliquée la même procédure négligente que pour le Grand Saint Antoine. Les marchandises, qui auraient dû purger aux îles, sont débarquées au Lazaret d’Arenc où avaient déjà abordé les passagers. Ainsi donc, les soieries fines, les indiennes et les cotons filés, et même les balles de laine, toutes marchandises de valeur échappent-elles à la quarantaine à l’air libre. L’exposition à l’ardeur du soleil et aux vents impétueux battant l’île désertique les aurait assurément ruinées.
Le vendredi 14 juin 1720, les huit passagers du Grand Saint-Antoine, apparemment en bonne santé, quittent le Lazaret après que, par précaution, on les eut enfumés dans une chambre jusqu’à la suffocation. La veille, était mort à Pomègues le garde chargé de la surveillance du Grand Saint-Antoine. Le chirurgien des infirmeries vient examiner le cadavre, là encore, il déclare que celui-ci ne présente aucune marque de contagion. Quelques jours plus tard, un mousse meurt et une fois de plus, le chirurgien ne relève aucun signe de peste ! Ce sera ensuite au tour de quatre portefaix de tomber malade, fait d’autant plus inquiétant qu’il y a des communications imprudentes entre l’équipage ou les portefaix du lazaret avec des personnes de la ville (notamment la famille des matelots), ou encore des échanges de linge avec l’extérieur par la « porte rouge » des Infirmeries, ordinairement fermée par une barrière.

Voici ce qu’en disait Jean-Baptiste Bertrand, docteur en médecine du Collège et de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille le 1er juin 1720 , dans son ouvrage Relation historique de la peste de Marseille en 1720, publié en 1779 :


« Trois autres Navires qui venaient de ces mêmes endroits suspects de peste, arrivèrent le dernier du mois de Mai. Ce sont ceux des Capitaines Aillaud et Fouque, et la Barque d'un autre Capitaine Aillaud : et le 12 Juin arriva aussi le Capitaine Gabriel, tous avec patente brute, c'est-à-dire, portant que dans le lieu de leur départ il y avait soupçon de peste. Cela n'empêcha pas que leurs marchandises ne fussent traitées avec la même douceur que celles du Capitaine Chataud, et débarquées dans les Infirmeries.
La maladie cependant et la mortalité continuent sur le bord du Capitaine Chataud : le 12 Juin, le Garde qu'on met sur tous les Navires pendant leur quarantaine, mourut ; et le 23, un de ses Mousses tomba encore malade ; et dans le même temps, deux des Portefaix employés à la purge de ses marchandises sont aussi pris de maladie. »

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