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Fausse alerte et nouvelles fuites

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Début juillet 1721, il y eut de nouveaux malades et de nouveaux morts. Le 8, la fille du capitaine Baudut, qui s’était empestée dans un magasin en manipulant des hardes insuffisamment purgées, mourut à son tour. Le 9, l’on avait découvert cinq morts dans la même bastide puis on constata qu’il y avait des malades dans plusieurs quartiers de la ville. Il n’en fallut pas davantage pour que l’épouvante succéda à la consternation.

Inquiétude du commandant Langeron : rassemblement de 50 000 fidèles pour la fête du Sacré-Cœur-de-Jésus

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La Fête-Dieu, aussi appelée « Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ », est une fête religieuse célébrée le deuxième dimanche après la fête chrétienne de Pentecôte (célébrant la diffusion de l’Esprit-Saint cinquante jours après Pâques) ; elle célèbre la présence réelle de Jésus Christ dans le sacrement de l’Eucharistie, c'est-à-dire sous les apparences sensibles du pain et du vin consacrés au cours de la messe, d’où son caractère quasi exclusivement catholique.

Gratitude des Marseillais à l’égard de la chiourme

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Peu nombreux furent les forçats qui sortirent vivants des travaux pour lesquels l’Amirauté les avait employés. Louis XV avait promis la liberté aux survivants en échange de leur travail et 784 galériens avaient échappé à la peste. Une chance ? Le successeur du défunt roi Louis XIV, lequel avait écumé son règne durant la Méditerranée pour trouver des rameurs en mesure de déplacer ses galères, ne tint pas ses promesses et 543 galériens furent remis au banc, observait en 1911 Paul Gaffarel. Ce dernier reprenait les chiffres du Père Giraud.

Quand les chèvres nourrissaient les orphelins de la peste

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Des femmes mouraient en couches ou laissaient « des enfans au lait que les corbeaux trouvoient demi-morts en allant prendre les cadavres de leurs mères » . Personne n’osait se charger de nourrir et de prodiguer des soins à ces nourrissons ou enfants en bas âge de crainte d’attraper la peste. D’ailleurs les nourrisses, auxquelles on avait massivement recours à l’Âge classique, mourraient aussi de peste, multipliant le nombre des enfants à secourir. Les petits orphelins mouraient ainsi sans aucun secours malgré la compassion que suscitait leur sort.

La question des caveaux des églises-cimetières

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Les inhumations dans le périmètre des villes avaient été prohibées pendant l'Antiquité et les canons des conciles du premier millénaire de l'Église avaient renouvelé l'interdiction d'enterrer les fidèles dans les caveaux construits dans les églises. Cependant, à partir de la fin du Moyen Âge et jusqu'au XVIIe siècle, les couches aisées et même médianes de la population avaient pris l'habitude d'y ensevelir leurs morts.

Le cuir de la « tuerie », vecteur de propagation du mal

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La « tuerie », c’est-à-dire l’abattoir de la ville, fut une source de préoccupation sérieuse durant l’épidémie. Elle était située à l’intérieur de l’enceinte urbaine, à l’ouest de la Porte de la Joliette, sur le promontoire du Cap Titol, c’est-à-dire d’une part, à proximité immédiate des bergeries par où, arrivaient du nord les moutons et, d’autre part, des tanneries et autres manufactures qui étaient le débouché de leurs sous-produits.

Rassemblements interdits, églises fermées et célébration de la fête de Pâques renvoyée

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Le Père Giraud avait pressenti très vite que les rassemblements de foules étaient propices à la contagion (Publication #12) mais les autorités, qu’il critiquait en la matière, n’avaient réagi que tardivement en faisant d’abord fermer le Collège et les écoles publiques (le 2 août), puis finalement, les églises, suivies des tavernes, cabarets, cafés, tabagies et si populaires « académie à jouer » tant publiques que privés.

Obligation de déclarer sa maladie

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Pour lutter contre la propagation de la peste, le commandant Langeron décida d’isoler les malades en les soumettant à une quarantaine effectuée à l’hôpital où tant de malades avaient trouvé une mort atroce. Il s’agissait de séparer les biens portants des malades et ceux-ci des « suspects ». L’hôpital, perçu comme l’anti-chambre certaine du cimetière, inspirait l’effroi et provoquait une réticence à déclarer la maladie lorsqu’elle advenait.

Aménagements exceptionnels pour un Carême de circonstance

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Le Carême catholique est un temps de préparation à la fête de Pâques (Publication #52), laquelle est la célébration la plus solennelle du calendrier liturgique chrétien. Le Carême ouvre un cycle qui dure quarante jours et, commençait à Marseille depuis le Moyen Âge, par le défilé d’un joyeux cortège populaire derrière le char du monstre Caramantran (c’est-à-dire « Carême entrant »), brûlé sur la plage d’Arenc. Inutile de dire qu’en 1721 les Marseillais furent privés de cette joyeuse manifestation.

Distribution de pain et de galette aux pauvres laïcs et religieux à besace

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Le pape Clément XII fait partie de ceux qui s’étaient employés à faire porter secours aux pauvres de Marseille (Publication # 38), tout comme l’évêque de Marseille, Mgr de Belsunce, qui avait fait distribuer les pains et les galettes aux plus démunis des pauvres de la ville et du terroir ainsi qu’aux « religieux à besace » qui avaient reçu des charges de blé pour l’occasion.