Marseille et l'empire colonial français en 1922
Réalisation Kamisphère (c) Musée d'Histoire de Marseille / Ville de Marseille 2013
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Dans le cadre du 31e Carré des Écrivains - En partenariat avec le comité du Vieux-Marseille

Le paroxysme de l’épidémie s’était produit en août et septembre 1720 (graphique 01). Un an plus tard, le pouvoir royal réclamait fermement le bilan de mortalité qu’avaient été censés établir les commissaires de quartiers. En outre, il fallait bien arrêter une liste des défunts pour effectuer la dévolution des successions. Les circonstances avaient rendu ce travail particulièrement difficile, voir impossible : qu’en était-il des vagabonds et étrangers trépassés anonymement ou des citadins qui avaient fui par milliers pour la campagne environnante ?

La peste frappa Arles en deux temps. Officiellement déclarée par le Bureau de santé arlésien réuni le 24 décembre 1720, c’est-à-dire six mois après Marseille, la peste bubonique s’abattit d’abord sur l’amphithéâtre romain dont l’intérieur, bâti à partir du Moyen-Âge, abritait un quartier de masures serrées et misérables. Cette population était aussi pauvre que l’était celle de la rue de l’Échelle, à Marseille, où s’était d’abord déclarée la maladie.

Début juillet 1721, il y eut de nouveaux malades et de nouveaux morts. Le 8, la fille du capitaine Baudut, qui s’était empestée dans un magasin en manipulant des hardes insuffisamment purgées, mourut à son tour. Le 9, l’on avait découvert cinq morts dans la même bastide puis on constata qu’il y avait des malades dans plusieurs quartiers de la ville. Il n’en fallut pas davantage pour que l’épouvante succéda à la consternation.