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Isoler, réguler les échanges sociaux et commerciaux

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Les murs de l’enceinte urbaine de la Ciotat, visibles sur le détail de la photographie présentée ci-dessus, rappellent que 9 000 habitants réussirent, grâce au confinement, à échapper à la peste qui fit environ cent mille morts en Provence.  Les autorités ciotadennes avaient très vite fait murer les portes de la ville et dresser des barrières tandis que les médecins et les intendants commençaient à distribuer des bullettes de santé aux habitants. Les capitaines et propriétaires de barques amarrées au port avaient dû jurer « sur la palet

Poursuite de la désinfection dans le terroir

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La désinfection des lieux empestés perdura de très longs mois. Au fur et à mesure que la maladie reculait, les survivants reprenaient possession des lieux « empestés » et procédaient méthodiquement à la désinfection. Entamée dans la ville intra-muros dès la mi-septembre avec l’arrivée du commandant Langeron (Publication # 41), celle-ci commença dans le terroir en janvier.

Mgsr de Belsunce poursuivit injustement les Oratoriens de ses foudres

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Éduqué chez les Jésuites, Mgr de Belsunce s’opposait à la minorité de jansénistes de son diocèse, c’est-à-dire essentiellement aux Oratoriens, lesquels détenaient depuis 1625 le Collège municipal créé par délibération du corps de ville et fermé le 5 août 1720. Le très long affrontement théologique des Jansénistes et des Jésuites regardait la manière d’assurer le Salut, envisagé comme collectif. Sans la « grâce efficace », estimait le théologien Cornelius Jansen (†1638), l’homme ne pouvait préférer les volontés divines aux satisfactions humaines.

L’état du terroir demeurait préoccupant mi-janvier 1721

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L’humidité semblait rallumer encore la peste dans les quartiers nord-est très excentrés de Marseille. L’exemple du Mre Giraud, prêtre de Saint-Jean-du-Désert, qui avait contaminé nombre de ses paroissiens en cachant son mal, montre que tous les prêtres n’usaient pas des mêmes précautions pour confesser les malades. Par force, beaucoup de confessions étaient devenues quasi publiques tant la distance physique des prêtres avec leurs paroissiens malades s’était étendue.

« Saisonnalité » du mal ou dynamique des populations de rongeurs ?

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Les hommes de ce temps s’en rapportaient à l’observation de ceux qui avaient vu des pestes dans le Levant. Les pestes, disait-on, s’étendaient entre deux équinoxes, notion astronomique. La peste de Marseille ayant débuté à la Saint-Jean devait donc s’achever à la Noël puisque les pestes du Levant commençaient au solstice d’hiver pour s’éteindre au solstice d’été. Toutefois, force était de reconnaître que, si la situation s’était très grandement améliorée à Marseille intra-muros, la peste sévissait toujours dans le terroir.

Célébration de Noël au tambour des églises et procession aux charniers pour la Saint-Sylvestre !

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Il ne fut pas possible de célébrer la naissance du Christ à l’intérieur des églises selon la coutume. Mgr de Belsunce fut donc obligé de limiter les festivités à trois messes par église. Et encore devaient-elles être dites et chantées au tambour, c’est-à-dire dans une sorte de SAS en bois situé à l’entrée de l’église. Malgré les précautions prises par les prêtres, le commandant Langeron, qui redoutait les conséquences préjudiciables de ces rassemblements sur la santé, en fut très contrarié.

Premières désinfections en ville intra-muros

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La désinfection était une opération qui faisait, elle aussi, l’objet d’une surveillance étroite de la part des autorités urbaines. Les maisons infectées ou soupçonnées de l’être avaient été marquées d’une croix rouge. La désinfection était exécutée sous la surveillance des commissaires des quartiers et des îlots. Ceux-ci accomplissaient toujours deux rondes quotidiennes dans leur secteur et agissaient selon un protocole sanitaire très strict. Dans le secteur de la Charité, des religieux devaient également veiller à la désinfection des lieux de culte.