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« Sauver » Marseille : les échevins réclament des moyens

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Tout le personnel municipal était mort, sauf l’archiviste et les premiers Magistrats de la ville, qui en appelaient toujours à l’Amirauté et à la Cour afin d’obtenir les moyens qui permissent de « sauver la ville », alors véritablement en péril parce que l’on craignait de n’être plus en mesure d’ensevelir les dépouilles des victimes de la peste faute de moyens suffisants. Or, celles-ci jonchaient toujours toutes les rues de la ville et constituaient autant de foyers de propagation de l’épidémie.

Les religieux sont morts en héros et en martyrs

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Face à une situation qui paraissait de plus en plus apocalyptique, les Marseillais de ce temps s’en remettaient entièrement à Dieu pour qu’il fasse cesser le fléau et ils voulaient mourir confessés et absous de leurs péchés afin d’assurer leur Salut. Dès le début septembre tant de religieux étaient morts en assistant les morts et les malades que ces derniers, mouraient désormais seuls, sans aucun secours spirituel.

A-t-on atteint le comble de l’horreur ?

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Le 31 août, il était devenu impossible de procéder à aucun service religieux et les échevins en étaient à redouter la destruction de la ville si la Cour et l’Amirauté ne leur accordaient pas tous les forçats nécessaires au « déblaiement » des cadavres, si l’on ose ainsi dire. Tout était empesté et une odeur de mort flottait partout dans l’espace privé ou public ; où que l’on portât le regard, l’on n’embrassait qu’un horrible spectacle de mort.

« Il est mort plus de mille personnes pendant la nuit » et l’on brûle le mobilier des maisons sur les places publiques

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En cette fin août 1720, l’épidémie de peste atteignait un point culminant, fauchant jusqu’à mille habitants intra-muros en une seule nuit. L’horreur était aussi à son comble. Une odeur de mort, « méphitique », flottait dans l’air et achevait de terroriser ceux qui avaient encore réchappé au fléau. C’était une atmosphère de terreur. Il faut se reporter aux toiles peintes par Michel Serre pour « visualiser » ce que relatent nos trois chroniqueurs.

« L’épouvante n’avait pas encore été ni si générale ni si bien fondée... »

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Tandis que la peste se répandait à présent dans le terroir, dans la ville intra-muros, les malades sortaient des maisons pour qu’on les trouvât dans la rue et qu’on les transportât jusqu’aux hôpitaux saturés ; certains tombaient raides morts et l’on comptait désormais chaque nuit des centaines de corps amoncelés dans les espaces publics. Dans la haute ville populeuse où l’on mourrait en plus grand nombre, l’étroitesse des rues tortueuses inaccessibles aux charrettes présentait une difficulté supplémentaire pour l’évacuation des victimes.

Chycoineau et Verny, médecins de Montpellier dépêchés par la Cour, annoncent que la peste de Marseille pourrait menacer le Royaume

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Le 20 août 1720, Chycoineau et Verny, Médecins de la très réputée Faculté de médecine de Montpellier et, Solier Maître chirurgien de la même ville, quittaient Marseille après avoir rendu au roi le rapport demandé quant à la nature de la maladie qui ravageait la cité portuaire.

Pénurie de corbeaux, de chariots, de harnais et de chevaux

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Les fossoyeurs expiraient les uns derrière les autres et les 3 000 gueux réquisitionnés pour ce faire étaient déjà morts à la tâche. C’était une hécatombe. Le Père Giraud évaluait leur espérance de vie dans cet emploi à deux jours. Il fallait toutefois les remplacer en toute hâte car le nombre de « cadavres » augmentait d’heure en heure et ceux-ci s’amoncelaient désormais à même le sol, en plein soleil, dans les rues de tous les quartiers de la ville.

Gestion des morts : les corps deviennent des cadavres

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Le 13 août, le Père Giraud notait que lorsque la peste pénétrait dans une maison pas un habitant, du plus jeune au plus âgé, n’en réchappait et, que les gens de mer ayant voyagé dans le Levant reconnaissaient clairement la peste dans ces manifestations quoique, sans doute frappés d’un véritable état de sidération, ils hésitassent encore quant à la conduite à tenir.

Création d’un hôpital dédié à la peste

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Le 10 août 1720, la maladie était entrée, selon le Dr Bertrand, dans une seconde phase caractérisée par la désolation, la solitude, l’abandon, la faim et, plus générale-ment le manque de tout ce qui était nécessaire à la vie quotidienne, secours spirituels compris. Comme le Père Giraud, le Dr Bertrand continuait à s’irriter de l’incrédulité de l’échevinat qui n’avait pas pris non plus les mesures sanitaires qui s’imposaient en temps utile.

Fuite des Marseillais dans le terroir et au-delà

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L’hémorragie avait commencé dès le début de la dernière décade de juillet lorsque l’épidémie avait décimé les habitants de la rue de l’Escale et des rues avoisinan-tes. Les autorités ne savaient précisément où retrouver ces fugitifs qui avaient porté la peste au-delà des remparts : les riches courraient se réfugier dans leurs bastides comme d’ailleurs nombre d’ouvriers et d’artisans. Il ne leur était plus possible de sortir des limites du terroir car un arrêt du Parlement de Provence du 31 juillet avait interdit aux citadins de les franchir.